La Bioconstruction

Les priorités en bio-construction
Le choix du site et l'implantation de la maison, la forme du bâtiment (en général, il est plus favorable sur le plan énergétique de construire des maisons mitoyennes) et l'organisation des espaces intérieurs (cloisons, protections).
Au sud, les pièces de vie consacrées aux activités de jour (salon, salle à manger, cuisine, bureau). A l'est et au sud-est, les chambres profitent du soleil levant, à l'ouest et au sud-ouest, du soleil couchant. Au nord, les espaces de service et de circulation qui n'ont pas besoin de beaucoup de lumière (escaliers, halls, WC, salles de bain, buanderie, débarras).
Plus, des espaces tampons pour protéger la maison du froid et du vent, aménagés en locaux non chauffés (sas d'entrée, garage, cellier,...) et adossés au nord et à l'est de l'habitation la protègent du froid et du vent. En hiver, il importe de capter, stocker, distribuer et conserver l'énergie solaire : capter l'énergie solaire à travers des vitrages placés au sud, stocker l'énergie solaire dans la masse des murs et des planchers, distribuer la chaleur accumulée par les parois dans les espaces de vie, conserver la chaleur fournie par l'énergie solaire et par le système de chauffage par une bonne isolation thermique du bâtiment (en évitant les ponts thermiques) et par une étanchéité suffisante à l'air de l'enveloppe.

En été, il faut se préserver du soleil et dissiper la chaleur en excès : protéger le bâtiment de la surchauffe par des dispositifs (pare-soleil, stores, volets, débordement de toiture, végétation, ...), dissiper l'excès de chaleur par une ventilation naturelle. Une inertie importante du bâtiment permet d'accumuler la chaleur dans les matériaux de construction. Le  stockage de la chaleur sera optimal avec des planchers et des murs intérieurs lourds (en béton, en pierre, en  terre cuite, ...). Un bâtiment à forte inertie restera frais en été et permettra d'éviter le conditionnement d'air. On veillera à créer une ventilation naturelle durant la nuit. Lorsque les pièces de la maison sont largement ouvertes, une circulation naturelle de l'air s'établit, distribuant chaleur ou fraîcheur. Ouvrir les portes et cloisons pour permettre la distribution de la chaleur et les refermer pour la conserver. Les fenêtres sont les capteurs de chaleur et de lumière les plus simples et les plus répandus. Orientées sud-est et sud-ouest, elles peuvent être grandes alors qu'il faut réduire la surface quand elles sont au nord. Les châssis oscillo-battants permettent la ventilation et une aération légère et permanente est assurée par des grilles de ventila­tion à ouverture réglable intégrées dans les châssis. La serre sera adossée à la maison, et orientée vers le sud.

La bioconstruction stricto sensu cherche à diminuer le plus possible l'impact d'une construction sur la santé de l'homme, tout en lui procurant un maximum de bien-être. L'écoconstruction utilise des matériaux qui proviennent de ressources renouvelables, qui nécessitent peu d'énergie à la production, qui ne sont pas toxiques, qui sont facilement recyclables.
En matière d'isolation, les substituts "bio" ne manquent pas : laine de chanvre, flocons de cellulose (issus du recyclage du papier), roseau, fibres de bois, laine de mouton, liège, vermiculite, perlite, argile expansée... Le plâtre naturel est préférable au plâtre "synthétique", car il est plus hygroscopique (meilleure régulation de l'humidité) et il y a peu de différence de prix. L'argile est encore plus hygroscopique et absorbe mieux les sons mais, plus poreux, il est moins résistant mécaniquement. Les peintures "bio" sont à base d'ingrédients naturels, elles ne contiennent pas de solvants, liants et pigments toxiques et leur coût est semblable à celui des peintures classiques, à qualité égale. Le linoléum, la terre cuite, les carrelages en céramique, les pierres naturelles, le bois, les moquettes en fibres végétales (coco, jute...) sont autant d'alternatives aux revêtements de sol classiques.

On peut aussi remplacer le "roofing" par du latex ou en créant une toiture végétale. Les appareils qui nous entourent nous enve­loppent dans des champs électriques et élec­tromagnétiques. La pose de câbles blindés et de biorupteurs permet de limiter cette pollution. Le biorupteur désolidarise le(s) câble(s) du circuit électrique lorsqu'aucun courant n'est nécessaire et le rebranche si nécessaire. Ce système est surtout utile dans les chambres à coucher où l'on passe beau­coup de temps. Les câblages (tout comme les canalisations), souvent en PVC, sont dispo­nibles en polyéthylène. La gestion de toute la maison, de l'eau aux déchets, en passant par la consommation d'énergie (chauffage, électricité) et l'entre­tien général, peut se faire de manière plus respectueuse de l'environnement.