En quête d'harmonie ?
L'époque où le bois était réservé aux seuls abris de jardin ou aux chalets helvétiques est bel et bien dépassée. Quel que soit l'environnement dans lequel elle s'intègre, une maison en bois est bien souvent remarquable et remarquée de par sa nature intrinsèque. Matière vivante s'il en est, le bois devient le partenaire d'une existence proche de la nature dès les premiers murs posés.
Régulièrement utilisé en partenariat avec d'autres matières comme le béton et le verre, le bois se positionne comme valeur intermédiaire permettant de concilier besoin d'esthétique et impératifs techniques. Ceci est d'autant plus vrai que la maniabilité du bois en fait de lui un partenaire idéal pour aborder des terrains difficiles, des sites escarpés ou des sols meubles. Cinq fois moins lourde qu'une construction « traditionnelle », celle en bois nécessite bien moins de fondation, offrant de nouvelles perspectives créatrices à celles et ceux jusque-là bloqués par des difficultés typographiques.
La résistance du bois aux intempéries et aux éléments est, elle aussi, un facteur incitant à se tourner vers cette curieuse technologie aux avant-goût environnementaux. Une ville comme Venise prouve que le bois ne craint pas l'eau. De même, la souplesse même de la maison en bois en fait un élément sécurisant, par exemple, en cas de séisme. Ce n'est pas le fruit du hasard si la Californie, mais aussi le Japon, sont fort avancés dans le domaine.
Enfin, et ce n'est pas la moindre de ses qualités, la construction en bois, la structure en bois, permet à l'imagination de fonctionner à plein régime. Associé à d'autres matériaux ou « exclusif », le bois offre une élégance jusqu'ici peu égalée
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Certes, le bois n'est pas dénué de défauts et c'est en bonne intelligence avec son architecte et différents corps de métier que le futur bâtisseur s'intéressera aux possibilités qui lui sont offertes. Il apparaît néanmoins que le bois pourrait s'avérer être la réponse adéquate à bien des désirs de retour aux sources.
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Présentation d'un projet de construction de 9 maisons en bois.
Politiques de l'aménagement du territoire et de l'énergie en Région wallonne
Quelle cohérence entre le discours et les actes concrets ?
Alors que le protocole de Kyoto est entré récemment en vigueur et que les grands-messes de la construction, Batibouw et Bois & Habitat, viennent de se concentrer sur les aspects de développement durable dans l'habitat, à l'heure où les décideurs politiques formulent des recommandations très claires en faveur de mesures s'inscrivant dans cette ligne, au moment où le Ministre wallon en charge de l'énergie multiplie les démarches dans le cadre de la Journée de l'énergie en Wallonie (10/04/2005), plusieurs familles hutoises éprouvent les pires difficultés à faire aboutir leur projet d'habitat groupé. Celui-ci concrétise pourtant de manière éclatante les recommandations prônées à tous les niveaux de responsabilités en termes d'écologie de la construction et d'économie d'énergie.
Notre projet est un projet d'habitat groupé initié par des particuliers en dehors de toute forme de spéculation financière ou de promotion immobilière, contrairement à l'écrasante majorité de ce qui se construit actuellement en matière d'habitat individuel. Il vise à la construction de neuf habitations familiales sur un terrain d'un hectare et demi situé sur le territoire de la commune de Huy, en intégrant des choix en termes d'écologie de la construction et d'économie d'énergie remarquables
- Des bâtiments qui présentent tous des coefficients d'isolation exceptionnels, permettant ainsi une réduction remarquable des besoins en énergie. Les neuf bâtiments projetés s'inscrivent d'ailleurs dans la démarche « Construire avec l'Energie » initiée par la Région wallonne en anticipation de mesures prises par la Communauté européenne et qui entreront en vigueur en 2006.
- L'utilisation des énergies renouvelables au maximum des possibilités communes et individuelles : capteurs solaires, pompes à chaleur, chauffage au bois.
- L'utilisation de l'eau par la récupération des eaux de pluies et sa gestion rationnelle et économe.
- Le traitement des eaux usées par phyto-épuration (lagunage).
- Une utilisation économe et respectueuse des ressources naturelles du site environnant (bois, pierres, argiles).
- Une intégration des constructions dans le relief naturel par la réduction maximale des mouvements de terrain, ainsi que par la maintien de la végétation existante et la plantation généreuse d'essences régionales contribuant à l'intégration de l'ensemble.
Notre projet, dont la maturation a été guidée à tous moments par la prise en compte de ces aspects de développement durable, et est, par la même, en totale conformité avec les recommandations qui sont prônées par les autorités compétentes, éprouve toutefois les pires difficultés à aboutir, malgré plus de trois années d'efforts de notre part et une réelle volonté de nous adapter aux exigences administratives et réglementaires. Des blocages locaux ont empêché toute analyse objective et indépendante de notre dossier par le pouvoir communal, et notre demande de permis d'urbanisme, introduite en mai 2004, n'a d'ailleurs été instruite ni par l'Administration communale de la Ville de Huy, ni par Monsieur Jean Lentz, Fonctionnaire délégué en charge de notre dossier.
Aujourd'hui, alors que nous avons saisi par voie de recours Monsieur le Ministre André Antoine, qui a l'aménagement du territoire et la politique de l'énergie dans ses attributions, celui-ci semble lui-même embarrassé quant à notre demande et peu désireux de prendre position dans le débat qui entoure celle-ci.
Notre dossier est en effet entre ses mains depuis novembre 2004 et, bien que les délais légaux soient expirés depuis quatre mois et malgré plusieurs rappels, nous n'avons toujours reçu aucune réponse de sa part. La décision définitive du Gouvernement wallon devrait pourtant être éclairée par un avis de la Commission des recours, composée de professionnels de l'architecture et de l'urbanisme, qui a rendu en date du 25 octobre 2004 un avis extrêmement positif quant à notre demande. Cet avis, fait rarissime, se double en outre d'un argumentaire très critique vis-à-vis du manque d'intérêt des Administrations pour notre demande et confirme de manière éclatante le bien fondé de la démarche et de l'ensemble du résultat. Cet avis confirme également que le débat ne se situe plus sur le terrain de la qualité de l'architecture, qui n'est mise en doute par personne. Ceci nous a d'ailleurs été confirmé par différents membres du Cabinet du Ministre Antoine.
Au vu de la politique clairement clamée par les décideurs, clamée mais non-engagée dans les actes, nous nous posons nombre de questions : quelle est la place réelle du développement durable et de l'écologie dans la construction ? Quel espace offrir à une architecture qui propose une alternative réfléchie aux lotissements qui jalonnent aujourd'hui nos campagnes et présentent une conformité monotone, alternative qui s'appuie de manière fondamentale sur des aspects de développement durable ? Face aux difficultés administratives, quelle place donner aux initiatives de particuliers en matière d'habitat individuel ? Est-il acceptable que la législation soit organisée de manière telle qu'elle permette aux autorités chargées d'exécuter une mission de ne donner aucune suite aux initiatives de citoyens entreprenants, cette absence de réponse (pire, cette absence pure et simple de traitement d'un dossier) étant légalement assimilées à un refus ? N'est-ce pas également une défaillance de notre système démocratique, lorsque les considérations qui guident les décisions d'avenir paraissent ne pas être basées sur des critères de qualité et de pertinence ?
Une présentation plus détaillée du projet, de ses fondements, de ses caractéristiques, de son histoire est présentée en annexe. Toute information complémentaire peut en outre être obtenue auprès de Eric FURNEMONT (0472/79.73.32 ou 085/25.19.69) et Fabian BASTIANELLI (0498/43.53.02) |